Interview de Robin Hobb pour Fantastinet (par Allan), mars 2006
Allan: As your stories are recognised everywhere, I think it is of no use to introduce you to fantasy addicts but could you tell us how you succeeded as writer?
Allan : Comme vos écrits sont mondialement connus, je pense qu'il n'est pas vraiment utile de vous présenter aux fans de fantasy mais pouvez-vous nous présenter le chemin qui vous a permis de réussir en tant qu'écrivain ?
Robin: I don’t think there are any rules that always work for finding success as a writer. I believe that for personal success, the writer must write stories that he himself enjoys. I write fantasy because it is something that I enjoy reading. I try to write characters that I would like to have as friends or ones that I think would be interesting to know.
Robin : Je ne pense pas qu'il y ait des règles qui fonctionnent à chaque fois pour réussir en tant qu'écrivain. Je pense que, pour son propre succès, l'écrivain doit écrire des histoires qui lui plaisent. J'écris de la fantasy parce que c'est ce que j'aime lire. J'essaie de créer des personnages que j'aimerais avoir comme amis ou d'autres que je pense qu’il serait intéressant de connaître.
Allan: As a reader, which authors made you dream?
Allan : Quels auteurs vous ont fait rêver en tant que lecteur ?
Robin: The first name is obvious: JRR Tolkien. Throughout my life, at different ages and at different places in my life, different writers have appealed to me. To give a complete list of them would be like reciting half the library! But some that were very significant were Rudyard Kipling, Theodore Sturgeon, Robert Heinlein, Peter S. Beagle, Robert Howard, T.H.White . . . the list is already getting too long! The contemporary writer I am most excited about right now is George R. R. Martin.
Robin : Le premier est évident : JRR Tolkien. Durant toute ma vie, en différents temps et à différents moments de ma vie, de nombreux auteurs ont trouvé un écho en moi. Donner une liste complète serait déclamer la moitié d'une librairie ! Mais quelques uns ont été vraiment significatifs : Rudyard Kipling, Theodore Sturgeon, Robert Heinlein, Peter S. Beagle, Robert Howard, T.H. White . . . La liste devient déjà trop longue ! L'auteur contemporain que je trouve le plus passionnant en ce moment est George R.R. Martin.
Allan: We have recently decided to make interviews with non-French authors; thus you are among the first. So I wanted to ask you how is the Fantasy genre perceived in the
United States ?
Allan : Nous avons récemment décidé d'interviewer des auteurs non français ; vous êtes donc parmi les premières. C'est pourquoi j'aimerais vous demander comment sont perçues les littératures de l'imaginaire aux Etats-Unis ?
Robin: In the US, fantasy is one of the ‘genres’ along with mystery, romance, science fiction and westerns. We are not taken as seriously as ‘mainstream’ writing. The odd part, to me, is that most of the best sellers these days (in the US) seem to incorporate many elements of fantasy. Only, in my opinion, they don’t do it as well as the genuine fantasy writers. In the US, fantasy books often win very high places on the best seller lists. So although we may not be as ‘respectable’ as the mainstream books, I feel we earn just as high a readership.
Robin : Aux Etats-Unis, la Fantasy est un des "genres" avec le polar, la romance, la science-fiction et les westerns. Nous ne sommes pas pris aussi au sérieux que la littérature dite "principale". La contrepartie, pour moi, est que la majeure partie des meilleures ventes ces derniers temps (aux Etats-Unis) semblent intégrer beaucoup d'éléments de Fantasy. Seulement, à mon avis, ils ne le font pas aussi bien que de véritables auteurs de fantasy.
Aux Etats-Unis, les œuvres de fantasy ont souvent de très bonnes places dans les listes des meilleures ventes. Ainsi, bien que nous ne soyons pas aussi "respectables" que la littérature générale, j'ai le sentiment que nous touchons, comme eux, un lectorat.
Allan: In the same way, what is the opinion of the official press about your stories?
Allan : Puisqu'on en parle, quelle est l’opinion de la presse officielle sur vos écrits ?
Robin: The mainstream newspapers don’t seem to pay a great deal of attention to fantasy. When a book or an author sells so well that they must take notice, they sometimes seem to ignore that the book is fantasy or science fiction. I do think that the genre walls are beginning to give way. I don’t think the average reader cares very much about whether the book is respected by the literary critics or press. The reader just wants a really good story.
Robin : La presse officielle ne semble pas prendre réellement en compte la fantasy. Quand un livre ou un auteur vend au point qu'ils soient obligés d'en parler, ils semblent parfois ignorer que le livre est une oeuvre de Fantasy ou de Science Fiction. Mais je pense que les barrières entre genres commencent à céder. Je ne crois pas que le lecteur lambda tienne compte de la façon dont les critiques ou la presse littéraire considèrent le livre. Le lecteur veut uniquement une très bonne histoire.
Allan: Before speaking about your books, have you read some French authors?
Allan : Avant de parler de vos écrits, avez vous lu quelques auteurs français ?
Robin: Unfortunately, not much contemporary fantasy and SF is translated into English. So my knowledge of French writers would be limited to the classics, such as The Little Prince, the works of Alexandre Dumas, the works of Jules Verne, etc.
Robin : Malheureusement, il y a peu d'auteurs contemporains de fantasy ou de SF traduit en anglais. De ce fait, ma connaissance des auteurs français est limitée à quelques classiques, comme Le Petit Prince, le travail d'Alexandre Dumas, celui de Jules Verne, etc.
Allan: You told me during our mail exchanges that you want the translators'
work to be recognised: In your opinion, is the translation necessary for a books' life?
Allan : Vous m'avez dit durant notre échange d'emails, que vous souhaiteriez que soit mieux reconnu le travail des traducteurs : la traduction vous semble donc nécessaire à la vie du livre ?
Robin : The reason I think it is important to recognize the translator’s work is that the quality of that translation greatly affects how a book is received in that language. A poorly translated work simply will not succeed. Most of the translators I have meant are passionate not just about language but about communication. They don’t translate just words; they translate the story and how it is told. They are fascinating people.
Robin : La raison pour laquelle je pense qu'il est important de reconnaître le travail du traducteur est que la qualité de la traduction affecte grandement la façon dont un livre est accueilli dans une langue. Une traduction médiocre n'aura tout simplement aucun succès. La plupart des traducteurs que j'ai mentionnés sont passionnés non seulement par la langue mais aussi par la communication. Ils ne se contentent pas de traduire des mots ; ils traduisent l’histoire et la façon dont elle est racontée. Ils sont fascinants.
Allan: What sort of exchanges do you have with them: do you meet them, do you follow their work?
Allan : quelles relations avez vous avec eux : les avez-vous rencontrés ? Suivez vous leurs traductions ?
Robin: I’ve had email exchange with a number of translators for my books: French, Spanish, Hungarian, Chinese—It doesn’t seem to matter what language they work with, I have found all of them to be interesting people. In some cases, we have exchanged only a few letters about specific issues. In others, friendships have blossomed and lasted for years. I think I have known Arnaud Mousnier-Lompre the longest of all of them, and it has been a wonderful friendship. His comments and questions have given me insights into not just translation, but language itself. I value my contacts with translators tremendously.
Robin : J'ai eu des échanges de mails avec plusieurs traducteurs de mes livres : français, espagnol, hongrois, chinois - il n'y pas d'importance quand à la langue dans laquelle ils travaillent, je les ai tous trouvés intéressants. Dans certains cas, nous avons uniquement échangés quelques lettres au sujet de points précis. Dans d'autres, des amitiés ont fleuri et ont duré des années. Je pense qu'Arnaud Mousnier-Lompré est celui que je connais depuis le plus longtemps, et c'est une amitié merveilleuse. Ses commentaires et ses questions étaient perspicaces, non seulement dans la traduction, mais aussi dans le langage lui-même. Je valorise énormément mes contacts avec les traducteurs.
Allan: You have got several prices for your work: are they important for you or is it just
folklore ?
Allan : Vous avez eu plusieurs prix pour votre travail : sont-ils importants ou est-ce juste du folklore ?
Robin: This question is a bit unclear to me. I think you are asking if the money I am paid is very important. Well, obviously, how much money I am paid makes a great difference in my life! But I think that the money is not why I write books, nor can it determine what kinds of books I write. Money always comes after the books are written, and in the end it reflects how many readers buy the books. So, in some ways it is a measure of success. But I think that I would still be writing these books even if I were just putting them away in a box under the bed. Writing is what writers do. Selling the stories is secondary to that.
Robin : Cette question ne me semble pas très claire. Je suppose que vous voulez demander si l'argent que je touche est important. Bien, évidemment, la façon dont je suis payé fait une grande différence dans ma vie ! Mais je pense que l'argent n'est pas la raison pour laquelle j'écris, de même qu'il ne détermine pas quel genre de livre j'écris. L'argent vient toujours après l'écriture du livre, et finalement, il est le reflet du nombre de lecteurs ayant acheté le livre. Donc, d'une certaine façon, c'est une mesure de son succès. Mais je pense que j'écrirais toujours ces livres même si c'était uniquement pour les mettre dans une boite sous mon lit. Ecrire est ce que les écrivains font. Vendre les histoires vient toujours après.
Allan: I have made a mistake in the translation, saying "price" instead "award". So can you tell me what are your feelings when you receive awards?
Allan : J'ai fait une erreur dans la traduction, parlant de "prix" au lieu de "récompense". Reprenons donc : quels sont vos sentiments lorsque vous recevez des récompenses ?
Robin: Aha! You were looking for the word 'prize' as opposed to ‘price’! Well, awards are very nice to receive. They give public validation to a writer. But in some ways, the awards are like the money: they always come after the hard work is already done. When I was a much younger writer, I desperately wanted to win the Nebula award. It's given by the Science Fiction and Fantasy Writers of America. I gave a lot of thought to what sorts of stories and books won that award, and tried to think what sort of story I would have to write to win it. (As I said, I was much younger!) I actually tried to write in a way that might win that award for me. But it didn't work. I couldn't even finish the story. I think it was because I was writing it for someone else's standards rather than my own.
To this day, although I've been nominated several times for the Nebula and the Hugo, I've never won either one. The awards I have won I do enjoy very much and I am thankful to have won them. They say to me that I story I cared about was valued by other people. So, in that way, awards are important to me. But I would never sit down and write a book or story only in the hopes of winning an award.
Robin : Aha! Vous cherchiez le mot "Prize" par opposition à "Price" ! Et bien, les récompenses sont plaisantes à recevoir. Elles donnent une légitimité publique à un auteur. Mais d'une certaine façon, les récompenses sont comme l'argent : elles viennent toujours après que le gros du travail soit passé. Quand j'étais un auteur plus jeune, je voulais désespérément gagner le prix Nebula. Il est donné par l’association des auteurs de Fantasy et de Science Fiction d'Amérique (SFFWA). J'ai beaucoup réfléchi à quels genres d'histoires et de livres avaient remportés cette récompense, et j'ai essayé de penser à quelle sorte d'histoire j'aurai à écrire pour le gagner (comme je l'ai dit, j'étais beaucoup plus jeune !). J'ai réellement essayé d'écrire de façon à le gagner. Mais ça n'a pas marché. Je n'ai jamais pu finir l'histoire. Je pense que c'est parce que j'écrivais avec les normes de quelqu’un autre que moi.
A ce jour, même si j'ai été plusieurs fois nommée pour les Nebula et Hugo, je n'en ai jamais gagné un seul. Les récompenses que j'ai remportées, je les apprécie énormément et je suis reconnaissante de les avoir gagnées. Elles me disent que l'histoire que j'ai créée a été bien appréciée par d'autres gens. Ainsi, en ce sens, les récompenses sont importantes. Mais je ne m'assiérais jamais pour écrire un livre ou une histoire uniquement dans l'espoir de gagner une récompense.
Allan: You use two identities: Robin Hobb and Megan Lindholm… Are there differences in
the writing style or in the subjects between those two identities? Or was it just a way in the beginning to protect yourself against Fantasy's bad press?
Allan : Vous utilisez deux identités : Robin Hobb et Megan Lindholm… Y a-t-il des différences dans le style ou dans les thèmes entre ces deux noms ? Ou s'agissait il uniquement d'un moyen de vous protéger de la mauvaise publicité dont bénéficiait les littératures de l'imaginaire au début ?
Robin: I think that the stories I write as Megan Lindholm have a darker cast to them than the ones I write as Robin Hobb. Hobb is a more intimate, detailed way of telling a story. As Megan Lindholm, I write more contemporary fantasy stories. Robin Hobb’s story-telling voice doesn’t really lend itself to writing very short stories. Megan Lindholm’s does.
Robin : Je pense que les histories que j'ai écrites sous le nom de Megan Lindholm sont plus sombres que celles écrites par Robin Hobb. Hobb est plus intime, elle détaille plus son histoire. En tant que Megan Lindholm, j'écris des histoires de fantasy plus contemporaines. La voix de narration de Robin Hobb ne se prête pas vraiment à écrire des histoires très courtes. Celle de Megan Lindholm si.
Allan: If we take the "Farseer Trilogy" who made you famous – in France in any case –
we quickly see that emotions and feelings are an important part of the story : do you think it is a feminin aspect of writing or it is an old stereotype who strikes back (the emotive aspect is always there but we would only see it when it is a woman who writes the story)
Allan : Si nous prenons la trilogie de L'assassin royal qui vous a fait connaître – en France en tout cas – nous nous rendons rapidement compte que les émotions et les sentiments tiennent une grande part dans l'histoire : pensez-vous que c'est un aspect féminin qui ressort ou bien un vieux cliché (l'aspect "émotionnel" serait toujours présent mais on ne le remarquerait que dans le cas où l'écrivain serait une femme) ?
Robin: I think it is a more recent type of story-telling, rather than a masculine/feminine
difference. I see this even in the newspapers. It used to be that the news story told only
exactly what had happened, without opinion. Now, in the US at least, it is difficult to find
news that is not editorialized. People always ask ‘why’ and ‘how did you feel about that’ and ‘what were you thinking?’ If we are only told exactly what the person did, we don’t feel like we really know what happened at all.
Robin : Je pense qu'il s'agit plus d'une nouvelle façon de raconter une histoire, plutôt que d'une différence Homme/Femme. Je vois le même phénomène dans les journaux. Il était habituel que les informations relatent seulement et exactement les évènements, sans donner d’opinion. Désormais, au moins aux Etats-Unis, il est difficile de trouver des infos qui ne soient pas éditorialisées. Les gens se demandent toujours 'pourquoi ?' et 'comment ressentez vous cela ?' ou encore 'qu'en pensez vous ?'. Si on nous raconte uniquement ce que la personne fait, nous n'avons pas le sentiment d'avoir réellement appris ce qui s'est passé.
Allan: When we read different chronicles, we could see several times opinions saying that action is long to arrive in the "Farseer Trilogy" but also in the second trilogy: is it important for you to describe precisely a universe and characters before developing the action?
Allan : Quand on regarde les différentes chroniques, on constate que plusieurs fois il est indiqué que l'action est longue à venir que ce soit dans la trilogie de L'assassin royal ou dans sa suite : est-il important à vos yeux de décrire précisément l'univers et les personnages avant de développer l'action ?
Robin: I think that with fantasy, it takes a bit longer to bring the reader into the world and establish the setting and what is going on. Without that backdrop, it is hard for the reader to know why events are important. Most fantasy readers are very patient with discovering a world. They enjoy very large books that let them enter a world and explore it. In fantasy, the setting can be almost as important as the plot to the reader’s enjoyment.
Robin : Je pense que dans la fantasy, il est plus long d'entraîner le lecteur dans le monde, d'établir le décor et ce qui s'y passe. Sans ce contexte, il est plus dur pour le lecteur de comprendre pourquoi certains évènements sont importants. Beaucoup de lecteurs de fantasy sont très patients lors de la découverte d'un univers et apprécient des livres longs qui leur permettent d'entrer dans un monde et de l'explorer. En fantasy, le contexte peut être presque aussi important que l’intrigue pour le plaisir du lecteur.
Allan: Ship of magic takes place in a different world… the relationships between the
characters are not established and we are under the impression that we live three different actions: writing it must have been more difficult.
Allan : Les Aventuriers de la mer prend racine dans un autre monde… Les relations entre les personnages ne sont pas tout de suite établies et nous avons l'impression de suivre trois actions différentes : l'écriture a dû être plus dure ?
Robin: Ship of Magic and the other Liveship Traders books actually take place in the same world as the Farseer trilogy. The events in the ship stories take place after the events in The Farseer stories and before the stories told in The Tawny Man. So the events in Bingtown and the Pirate Isles and even some of the characters affect the events in Tawny Man. I told the Liveship Trader story from several points of view because I knew that the story would be happening over a very wide area, and that no one character would be witness to it all. I don’t think it was harder to write, but it was different to write.
Robin : Les aventuriers de la mer et les autres livres prennent place dans le même monde que l'Assassin royal. Les événements des Aventuriers de la mer ont lieu après ceux de L'assassin royal et avant les histories racontées dans "The Tawny Man". Ainsi les événements de Terrilville et des Iles Pirates et même certains personnages influent sur les évènements dans "The Tawny Man". J'ai raconté l'histoire des Aventuriers de la mer de plusieurs points de vue parce que je savais que l'action se situerait dans une zone géographique très large, et qu'aucun personnage ne pourrait en être témoin dans son ensemble. Je ne pense pas que ce fut plus dur à écrire, mais différent.
Allan: Moreover, how do you write, especially trilogies: do you write a groundwork of the unit that you develop later or do you write it all in a shot?
Allan : D'ailleurs, comment vous y êtes pris dans la rédaction de cette trilogie : avez-vous écrit une trame de l'ensemble que vous avez développée ou avez vous tout écrit d'un jet ?
Robin: I usually have a rough outline of where the story is going to go. As I write, I take a lot of notes and keep a file of details, so that I don’t contradict myself. But if I get an idea to go in a different direction while I am writing the story, I will often experiment. Basically, the outline gives me one possible way to write the book. In the end, the finished book is usually very different from the outline.
Robin : J'ai habituellement une vision globale de la façon dont l'histoire va se développer. Quand j'écris, je prends énormément de notes et je garde un dossier avec les détails, afin de ne pas me contredire. Mais si l'idée d'aller dans une autre direction me vient pendant que j'écris, je vais souvent l'essayer. Fondamentalement, la trame me donne un chemin possible d'écriture mais au final, le livre définitif est fréquemment très différent de la trame originelle.
Allan: What is typical of your stories is the quality of the characterisation, especially the
personality of your characters: do you base them on existing people or are they built by the story?
Allan : Ce qui est typique de vos histories et la qualité des histories, spécialement de leur personnalité : vous appuyez vous sur des personnages existants ou les personnages sont-ils créés par l'histoire ?
Robin: I think that fantasy characters have to be products of their own world or they are not believable. I could not take a woman from the twenty-first century and put her in a story set in a very primitive world and expect her to be believable. It just wouldn’t work. So, no, I don’t base characters on real people. I may use a detail, such as how a person walks or what a person looks like, but not a whole character.
Robin : Je considère que les personnages de fantasy doivent être le produit de leur propre monde ou ils ne sont pas crédibles. Je ne pourrais pas prendre une femme du 21ème siècle et la mettre dans une histoire se déroulant dans un univers primitif en espérant qu'elle sera crédible. Ca ne marchera tout simplement pas. Donc, non, je ne me base pas sur des personnes existantes. Je pourrais m'appuyer sur un détail comme une façon de marcher ou une apparence, mais pas sur une personnalité complète.
Allan: In France, the Gypsy will be published in April… You have written it with Steven
Brust: why did you want to write a story with Steven?
Allan : En France, La nuit du prédateur sera publié en avril… Vous l'avez écrite avec Steven Brust : pourquoi vouloir écrire avec Steven ?
Robin: Steven and I had been friends for a number of years, and had collaborated on shorter stories in several anthologies about a city called Liavek. Steve came up with the idea of The Gypsy. We actually wrote it quite a long time ago, in a series of letters that we exchanged before the days of email. Steve and I lived at a great distance from each other, so almost all the work was done by mail. It was a fantastic writing experience, something that I’ve never duplicated.
Robin : Steven et moi sommes amis depuis des années, et nous avons déjà collaboré sur des nouvelles dans plusieurs anthologies au sujet d'une ville appelée "Liavek". C’est à Steve qu’est venue l'idée de la Nuit du Prédateur. Nous l'avons écrit il y a déjà un moment dans une série de lettres que nous avons échangées avant l'avènement de l'email. Nous habitons loin l'un de l'autre, c'est pourquoi presque tout le travail a été fait par courrier. Cela a été une expérience d'écriture fantastique, quelque chose que je n'ai jamais renouvelé.
Allan: What is the way to succeed in this particular exercise?
Allan : Quel est le moyen de réussir une telle expérience ?
Robin: I think the answer is not to force it. It has to be a story that fits both writers, and one that is better told by two writers than by one alone.
Robin : Je pense que la solution est de ne pas forcer. Il faut que ce soit une histoire qui corresponde aux deux auteurs, et qui soit mieux racontée par deux écrivains que par un seul.
Allan: Have you something in progress?
Allan : Avez vous quelque chose en cours ?
Robin: I am currently at work on book two of The Soldier Son Trilogy. Book one, Shaman’s Crossing, has been published in the US. Book two, Forest Mage, is the one I am still writing.
Robin : Je suis actuellement en train de travailler sur le deuxième volet de la trilogie "The Soldier Son". Le premier volume, Shaman's Crossing, a déjà été publié aux Etats-Unis. Le deuxième volume, « Forest Mage » est celui que je suis encore en train d'écrire.
Allan: Have you other projects?
Allan : Avez vous d'autres projets ?
Robin: I tend to take on too many projects at once. I have a number of short stories I am working on, but the books always come first.
Robin : J'ai tendance à commencer trop de projets à la fois. J'ai un nombre important de nouvelles en cours, mais les livres viennent toujours en premier.
Allan: You said to me that you visited Fantastinet and I thank you: what do you think of our work?
Allan : Vous m'avez indiqué avoir visité Fantastinet et je vous en remercie : que pensez vous de notre travail ?
Robin: I think that you have a very interesting site. As a fantasy writer, I have to be very happy to see more French sites about fantasy. There seems to be a lot of enthusiasm and interest. I think that French interest in fantasy is growing and that sites such as Fantastinet are helpful to the readers and will grow along with the readership. And I very much like that you give space to translators as well!
Robin : Je pense que vous avez un site réellement intéressant. En tant qu'auteur fantasy, je ne peux qu'être heureuse de voir de plus en plus de sites de fantasy français. Il semble y avoir un réel enthousiasme et de intérêt pour le genre. Je pense que l'intérêt des français pour la fantasy se développe et que des sites comme Fantastinet sont utiles aux lecteurs et qu'ils se développeront avec le lectorat. Et j’apprécie grandement que vous donniez une place aux traducteurs aussi !
Allan: You easily accepted our interview: is contact with readers very important for
you or is the act of writing something more personal?
Allan : Vous avez facilement accepté notre interview : les contacts avec les lecteurs sont ils très importants pour vous ou l'acte d'écrire est pour vous quelque chose de plus personnel ?
Robin: I enjoy talking to readers. I have a newsgroup at sff.net,
(http://webnews.sff.net/read?cmd=xover&group=sff.people.robin-hobb&from=-10) and
readers are always welcome to contact me there if they have questions or comments. I used to try to answer by email, but I began to run out of time. So, I answer questions there to try to have more time to work on the books.
Robin : J'adore parler aux lecteurs. J'ai une newsgroup chez Sff.net, (Newsgroup) et les lecteurs sont toujours les bienvenus pour me contacter s'ils ont des questions ou des remarques. J'essayais de répondre par email, mais je commence à être débordée. C'est pourquoi je réponds aux questions là bas pour tenter d’avoir plus de temps pour travailler sur mes livres.
Allan: What can we wish you?
Allan : Que peut-on vous souhaiter ?
Robin: Please wish that I manage to finish Forest Mage very quickly. I’m already past my deadline!
Robin : S'il vous plait, souhaitez moi d’arriver à finir "Forest Mage" très rapidement. J'ai déjà dépassé la date limite !
Allan: Do you want to add a last word?
Allan : Voulez vous ajouter un dernier mot ? http://www.rivagesmaudits.com/news.php?id_a=128#128 is a website for French readers who would like more information about the books or to communicate with other readers.
Robin : Merci de m'avoir donnée l'opportunité de toucher les lecteurs français.
Interview traduite et mise en forme par LES RIVAGES MAUDITS,
site consacré à Robin Hobb
La Complainte du
Rossignol
Nightside, tome 3
Simon R.
Green, Bragelonne
Celui qui attendait
Khopnê, tome 2
La nef des Fous de Dieu
Pierre Gévart, Eons,
collection Futurs
Les Rois-Navigateurs
Tome 3 : La terre de brumes
Garry Kilworth
Mnémos
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